HISTOIRE DE
GUIPRY-MESSAC
A chaque ville et
village son histoire propre, son patrimoine, son identité. férus
d'histoire ou habitants curieux de mieux connaître votre commune,
découvrez ici son étymologie, ses dates clés ou encore les
événements et les personnalités qui l'ont marquée.
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| Menhirs des Grées |
Les Celtes occupent
ensuite le pays (700-500 ans avant notre ère). Les Namnètes
s'installent sur la rive gauche de la rivière, les Coriosolites sur
la rive droite. Les éperons barrés du Châtellier (Messac) et de
Baron (Guipry) ont, semble-t-il, été occupés par ces populations
qui travaillaient le fer.
L'arrivée des
gallo-romains (56 avant J.C.) provoque sans doute des heurts, mais
rapidement la paix s'installe. Une paix de près de 3 siècles qui
favorise la mise en place de nombreuses exploitations agricoles
(villae), dont une des plus anciennes paraît avoir été celle des
Friches (Sud de l'étang de Baron). Sa datation remonte, en effet, à
la fin du ler siècle de notre ère. Des voies de communication sont
aussi aménagées : la voie romaine Angers/Carhaix, qui franchit la
Vilaine au Pont-Neuf, et celle de Nantes à Corseul en portent
témoignage.
C'est de cette
époque que date la création du Port de Messac (Le Portu Mezac cité
plus tard en 1089). Ce port, installé sur les deux rives de la
Vilaine, aurait sans doute connu un développement rapide si les
envahisseurs germains, aux IVème et Vème siècles, n'avaient freiné
son essor.
L'émigration des
Bretons, au VIème siècle, est plus pacifique. Ces hommes, venus de
Grande-Bretagne, prennent possession de la rive droite de la Vilaine
et fondent le plou de Guipry (Wicbry). Soucieux de conserver de
bonnes relations avec la population locale, ils conservent le nom du
Port de Messac.
Les Francs qui
occupent la rive gauche de la rivière, c'est-à-dire le pays des
Namnètes et des Riedones, ne tardent pas à entrer en conflit avec
ce peuple venu d'Outre-Manche. Ce conflit dure près de trois siècles
pendant lesquels les cités de Messac et de Guipry se défient.
En 578, au
Pont-Neuf, un combat oppose les troupes de Chilpéric, roi des
Francs, à celles de Waroch, chef breton de la région vannetaise.
Les Francs sont battus.
En 843, près de
Messac, Erispoë, fils du Grand-Nominoë, est accroché par les
troupes franco-nantaises du comte Rainald. Il se replie en hâte du
côté de Guipry, attend des renforts et se lance à la poursuite de
ses ennemis. Il les surprend quelques jours plus tard et les anéantit
près de Blain.
En 851, à Jengland,
près du Grand-Fougeray, la victoire d'Erispoë sur Charles le
Chauve, roi des Francs, venant après celle de Nominoë à Ballon,
près de Bains-sur-Oust, en 845, assure aux Bretons les frontières
provinciales que nous connaissons encore aujourd'hui.
Les incursions des
Vikings perturbent bien quelque temps le pays mais, ce danger écarté,
les populations se mettent au travail et tirent vite profit de leur
situation privilégiée. La Vilaine n'est-elle pas, en effet, une
voie de communication par excellence.
Au Moyen Age, le
Port de Guipry-Messac connaît un essor important, grâce au commerce
du sel en particulier. Les bateaux, tirés par les haleurs et chargés
de ce précieux produit, remontent la Vilaine jusqu'à ce Port
considéré comme le terminus de la navigation sur la rivière. Le
sel (sel gris de Guérande) est déchargé sur place et emmagasiné
dans les salorges des négociants locaux. Il est ensuite vendu à des
marchands de sel (sauniers), qui le distribuent aux habitants de la
région, ou acheminé, sous contrôle, sur les greniers à sel des
provinces limitrophes de la Bretagne, où se pratique la gabelle.
Cet "impôt
infernal", ainsi qu'il est appelé, exaspère les habitants de
ces provinces et favorise la mise en place d'un trafic clandestin du
sel, qui fait le bonheur et aussi le malheur des faux sauniers. Ainsi
s'explique la présence d'une caserne de gabelous (gendarmes du sel)
au Port de Guipry, dont les missions sont de surveiller les chemins
des sauniers et de faire appliquer la réglementation sur le commerce
du sel.
Au XVlème siècle,
des écluses ont été construites au port et en amont du Port de
Guipry-Messac. Désormais les bateaux peuvent remonter jusqu'au Port
Saint-Yves de Rennes. Ils s'arrêtent moins à Guipry-Messac. Le
commerce commence à y décliner. Mais ce déclin n'est vraiment
manifeste que quelques années avant la Révolution. Il est dû
surtout à la ruine du Pont à péage, consécutive à la crue
extraordinaire de 1772.
A la fin du XVIIIème
siècle, les États de Bretagne font réaliser d'importants travaux
pour améliorer la navigation en Vilaine. En 1784, 300 soldats du
Régiment de Penthièvre y participent, au Port même, pour creuser
le canal d'accès à l'écluse, et, à la Corbinière, pour aménager
le chemin de halage. La construction de l'écluse de Mâlon est
terminée en 1788, la reconstruction de celle du Port en 1796.
Le XIXème siècle
voit la réalisation de grands travaux. Un nouveau pont (à péage
pendant presque 23 ans) est construit au Port et mis en service en
1837. La ligne de chemin de fer Rennes-Redon se met en place à
partir de 1858. C'est à cette date, en effet, que débutent les
travaux du viaduc de la Corbinière. La fin du siècle programme et
réalise la construction de la cale du Port. Cette cale est
indispensable. Le chemin de fer et la batellerie ne se concurrencent
pas. Chaque année, 800 bateaux en moyenne s'arrêtent en ce lieu ou
y transitent.
Il n’en va plus de
même au siècle suivant. Après la guerre 39-45, la concurrence des
transports routiers se fait sentir. Le trafic de la batellerie stagne
d’abord, puis décline vite et disparaît dans les années 1970.
C’est sans doute
une mauvaise passe pour le Port considéré comme le centre de vie du
pays. Il a déjà connu cette situation par le passé, mais il semble
que cette fois, il s’agisse d’un vrai coup de massue, alors que
dans le même temps, plusieurs entreprises locales ferment leurs
portes devant la difficile conjoncture économique du moment.
Les municipalités
d’alors n’y peuvent rien. Aujourd’hui, celles qui sont en
place, encouragées par leurs associations intercommunales, mettent
tout en œuvre pour que nos deux fières cités retrouvent leur
dynamisme d’antan.
« Réalisons
d’abord l’union de nos deux communes. » Tel est le message
transmis et entendu.C’ est aujourd’hui chose faite. Au 1er
janvier 2016, la nouvelle commune a vu le jour.
Souhaitons-lui
longue vie. Que la belle histoire de Guipry et de Messac continue
longtemps…longtemps.
TEXTE ÉCRIT PAR
PIERRE LEBRETON, HISTORIEN
